Valeurs mobilières

Droits de douane américains… un sujet qui pourrait refaire surface cet été

Publié le
Écrit par François Rimeu, Stratégiste senior, Crédit Mutuel Asset Management

Crédit Mutuel Asset Management est une société de gestion d'actifs de Groupe La Française, holding de la filière gestion d'actifs du Crédit Mutuel Alliance Fédérale.

Achevé de rédiger le 10/07/2026

Les droits de douane mis en place par Donald Trump avaient brièvement mais violement déstabilisés les marchés financiers en 2025. Depuis, le sujet est devenu moins central, à la fois parce que l’administration républicaine a subi plusieurs revers juridiques sur ce dossier, mais aussi parce qu’il n’a plus été mis en avant par le président américain. Cette situation pourrait toutefois évoluer au cours de l’été.

Les comptes publics américains ne s’améliorent pas, bien au contraire, alors qu’ils constituaient l’un des principaux objectifs de la hausse des droits de douane. La balance commerciale s’est établie à 77 milliards de dollars à fin mai, soit l’un des niveaux les plus dégradés hors période Covid. Les comptes courants sont eux aussi beaucoup plus déficitaires qu’escompté au 1er trimestre, à -226 milliards de dollars vs - 208 milliards de dollars attendus. (Source : Bloomberg, mars 2026) La tendance reste préoccupante et ne devrait pas nécessairement s’améliorer avec les achats massifs de puces et autres semi-conducteurs par les géants américains de la technologie, dont une partie provient de Taiwan et de Corée du Sud.

L’été sera par ailleurs jalonné de différentes échéances qui vont naturellement entrainer de nouvelles prises de position de la part de l’exécutif américain. Par exemple, les Etats-Unis ont décidé de ne pas renouveler l’actuel Accord Canada–États-Unis–Mexique (USMCA) et d’opter pour des renégociations annuelles. Dans ce cadre, des discussions sont prévues le 20 juillet à Mexico.

Pour mémoire, Donald Trump avait imposé, en février dernier, 10 % de droits de douane à l’ensemble des partenaires commerciaux des Etats-Unis, après que la Cour suprême ait conclu que les droits de douane imposés via l’IEEPA[1] étaient illégaux. Ces mesures arrivent à échéance fin juillet et seront probablement remplacées par d’autres mécanismes (probablement fondés sur la section 301 du Trade Act de 1974).

Par ailleurs, l’accord entre l’Union européenne et les Etats-Unis, qui prévoit un plafond des droits de douane à 15 %, semble relativement fragile malgré sa ratification en juin. Donald Trump a, à plusieurs reprises, menacé, post accord, l’industrie automobile. Le sujet de la taxation du numérique demeure également sensible, en particulier avec la France.

Enfin, la fin de l’été pourrait marquer la reprise des discussions entre les Etats-Unis et la Chine. La « trêve » commerciale qui avait été signée expire en novembre prochain, et de nouvelles négociations devraient reprendre autour de la rentrée.

Il nous semble donc possible, voire probable, que la question des droits de douane redevienne un sujet majeur pour l’administration républicaine pendant l’été. Il s’agit d’un des sujets préférés de l’exécutif américain, et la perspective des élections de mi-mandat pourrait l‘inciter à revenir à un sujet qu’il considère populaire auprès de son électorat. De la même façon, le Groenland redevient depuis peu un sujet de discussion. Cela entraînera-t-il des conséquences importantes sur les marchés ? Il n’y a aucune certitude à ce sujet. Il convient d’attendre la teneur des discussions. Néanmoins, ces développements pourraient être vecteurs d’incertitude et donc de volatilité dans un contexte où les chaines d’approvisionnement mondiales sont déjà sous pression.

Quelle allocation dans ce contexte d’incertitudes ?

Si nous conservons à ce stade une allocation favorable aux actions et aux parties courtes de la courbe de taux, soutenues par la forte baisse du prix de pétrole, la prochaine saison des résultats (qui devrait être bonne) et un positionnement relativement neutre de la part des investisseurs, nous restons plus prudents sur les parties longues de la courbe. Ces dernières avaient en effet beaucoup souffert lors des précédentes tensions commerciales au printemps dernier.

 

Le présent commentaire est fourni à titre informatif uniquement. Les opinions exprimées par Crédit Mutuel AM sont fondées sur les conditions actuelles de marché et sont susceptibles d'évoluer sans préavis.  Ce document ne constitue ni une offre d’acheter ou de vendre des investissements, produits ou services et ne doit pas être considéré comme une sollicitation, un conseil en investissement ou un conseil juridique ou fiscal, une recommandation de stratégie d’investissement ou une recommandation personnalisée d’investir dans des investissements spécifiques. Les informations contenues dans cette publication sont basées sur des sources considérées comme fiables, mais le groupe La Française ne garantit pas qu'elles soient exactes, complètes, valides ou à propos. La référence à certaines valeurs ou instruments financiers est donnée à titre d’illustration. Elle n’a pas pour objectif de promouvoir l’investissement en direct dans ces instruments. Les tendances historiques des marchés ne sont pas un indicateur fiable du comportement futur des marchés.  Publié par La Française Finance Services, dont le siège social est situé 128 boulevard Raspail, 75006 Paris, France, société réglementée par l'Autorité de Contrôle Prudentiel en tant que prestataire de services d'investissement, n° 18673 X, filiale de La Française. Crédit Mutuel Asset Management : 128 boulevard Raspail 75006 Paris est une société de gestion agréée par l'Autorité des marchés financiers sous le n° GP 97138 et enregistrée à l’ORIAS (www.orias.fr) sous le n° 25003045 depuis le 11/04/2025. Société Anonyme au capital de 3 871 680 €, RCS Paris n° 388 555 021, Crédit Mutuel Asset Management est une filiale du Groupe La Française, holding de gestion d'actifs du Crédit Mutuel Alliance Fédérale. 

[1] International Emergency Economic Powers Act

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