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Croissance, volatilité et risques politiques - La lettre Orientations et Stratégie n°185

07 décembre 2017

Aux Etats-Unis, les ISM sont au plus haut depuis plus de dix ans ce qui amène logiquement les marchés à réajuster à la hausse leurs prévisions de croissance pour 2018 au moment où la réforme fiscale américaine semble finalement pouvoir être votée.

A l’intérieur de la zone euro, la tendance au raffermissement de la croissance est encore plus forte avec des enquêtes de confiance des ménages au plus haut depuis 17 ans ! Comme dans le même temps, les nouvelles sont aussi positives en provenance du Japon et que les pays émergents ne montrent pas de signes de faiblesse, nous vivons aujourd’hui dans un monde de croissance forte et synchrone.

De façon logique, ce contexte se traduit par de fortes croissances des bénéfices des sociétés. En moyenne, sur l’année 2017, les bénéfices des sociétés ont cru de +12 %, les marchés émergents étant les plus dynamiques avec une hausse de 21 % de leurs bénéfices. Et pour la première fois depuis 2010, ces estimations seront restées stables tout au long de l’année. Dans ce contexte, la hausse des marchés actions européens cette année ne semble donc pas disproportionnée, l’Eurostoxx large étant en progression de +11,2 %. De plus, contrairement à la plupart des actifs obligataires dont les valorisations commencent à devenir excessives, les marchés actions ne semblent pas aujourd’hui particulièrement chers, à l’exclusion peut être des marchés américains, sur certains secteurs.

La dynamique de croissance étant forte aujourd’hui et l’"output gap" significatif, il nous semble que la croissance européenne devrait encore être dynamique l’an prochain, ce qui devrait induire des marchés actions porteurs en 2018. Au regard des fondamentaux, donc, aucune raison de ne pas allouer significativement nos budgets de risque en actions… avec toutefois quelques points de vigilance :

La très faible volatilité des actifs financiers incite à la prudence. Les volatilités implicites n’ont jamais été aussi basses, elles sont poussées à la baisse par des investisseurs à la recherche de rendement. Cela fragilise le marché, car si un choc d’importance survenait, la réaction des marchés pourrait surprendre par son ampleur.

Les risques politiques et géopolitiques restent très présents et, s’ils sont aujourd’hui largement ignorés par les marchés, ils n’en restent pas moins prégnants. La situation en Corée du Nord n’a ainsi eu aucun impact jusqu’ici, mais un dérapage ne peut être exclu. De même, les enquêtes visant M. Trump n’ont pas non plus beaucoup fait réagir les investisseurs… pour l’instant.

L’idée n’est pas d’être alarmiste, l’excellence des fondamentaux constituant une bonne force de rappel à moyen terme, mais de garder en tête que certains risques ne sont pas ou peu pris en compte par le marché. A cet égard, nous notons aussi que certains actifs comme le Franc Suisse ou le Yen semblent aujourd’hui constituer des protections intéressantes pour des portefeuilles surpondérés en actions. Juste au cas où…

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